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6 mois pour un tour du monde

Nous sommes rentrés et nous n'avons qu'une seule chose à vous dire: prenez le temps, laissez tout derrière vous, et PARTEZ ! Vous ne le regretterez jamais, c'est une expérience inoubliable et irremplacable !

TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs

Je vous rassure tout de suite, ce billet n'est pas une parodie d'Ali Baba et les 40 voleurs, il s'agit de notre épopée pour le Mont Popa, lieu spirituel et de spiritisme situé à 50km de Bagan, c'est-à-dire à 1h30 en bus local.

Bus local signifie vieux pick-up aménagé pouvant transporter +/- 25 personnes, généralement réparties de la manière suivante: 16 à l'intérieur sur les banquettes en bois et/ou au centre sur des petits tabourets en plastique, 3 à l'avant, 8 sur le toit et 4/5 debout à l'arrière.

Heureusement pour nous, on avait embarqué au début et on se situait donc à l'intérieur mais au niveau de l'arrière d'où l'on profite de la vue, de l'air et d'un peu moins de compression qu'à l'intérieur.

Mais reprenons depuis de début.

La journée débute maitenant presque toujours avec le lever du soleil, ce qui coïncide également avec les premiers camions klaxonnant gaiement, ponctué par les gars de la guesthouse qui se hurlent des trucs en passant le coup de balais, devant nettoyer la tonne de poussière retombée durant la nuit.

Vous pouvez essayer de dormir plus mais ce n'est pas un très bon calcul étant donné qu'entre 7h et 10h, on prend presque 10℃ par heure.

On déjeune donc vers 7h et on se met en route aux environs de 7h30 / 7h45.

Le Mont Popa est un pic rocheux sur lequel est posé une grosse pagode et où se concentrent les 37 nats (esprits) qu'il faut honorer une fois par an afin de ne pas les froisser et donc d'eviter de chopper la poisse.

Il y a deux possibilites pour s'y rendre: le taxi ou le transport local (bus ou pickup donc).

Durant le petit déjeuner pris sur le toit de la guesthouse (ais-je déjà mentionné que dans ce pays le petit dej est presque toujours compris dans le prix de la chambre et qu'il est souvent bien complet et fort bon ?) la dame de la guesthouse essaye de nous refourguer un taxi partagé pour 10.000 kyats par personne. Le bus en coûte 6000 et est nettement plus marrant: notre choix est déjà fait.

On la remercie et on descend à "l'accueil" pour réserver notre trajet retour vers Yangon le 6. Là c'est au tour du boss de la guesthouse de nous proposer aussi son taxi partagé mais cette fois pour 8000kyats. On a déjà gagné 4000kyats. Sauf que ce super taxi part seulement à 14h ce qui fait tard et chaud et signifie 5h de glande... On le remercie aussi et on se met rapidement en route vers le coin des bus.

Au coin des bus, bien sur, personne ne parle anglais et on met un bonne 10aine de minutes en parlant et en rigolant (dur de faire autre chose quand on ne se comprend pas de toute façon) avant de capter qu'on est pas du tout au bon endroit et qu'il faut aller à la gare routière située à "15min" pour chopper un bus qui part...dans 10 minutes. On se rendra d'ailleurs compte en revenant du Mont Popa que c'était plutôt 25 minutes de marche !

Rien n'est perdu, on est en Birmanie, le bus partira certainement en retard.

En remontant la route vers la gare un pickup nous croise et le type, nous voyant, hurle Popa Popa Popaaaa. On se met donc à gesticuler fébrilement, il s'arrête quelques mètres pus loin, on discute le prix et on monte dedans face à deux petites moinettes vêtues de leur habituel tunique rose, de quelques locaux et d'une poignée de nouveaux touristes (on reconnaît un nouveau touriste à ses vêtements propres, à son air blafard et souffrant déjà de la chaleur dès le matin....quant à nous, en 1 mois nous avons augmenté notre seuil de tolérance à ce niveau là).

Le trajet se compose de plusieurs arrêts ou on embarque encore du monde, jusqu'à ce qu'on soit complet. Arrivés à un premier palier après une bonne heure de route, on débarque ceux du toit et après une dernière ascension de 30 minutes on nous lâche au pied des 700 marches qui doivent nous mener au sommet de ce fameux Mont Popa.

TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs
TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs

L'ascension (et ce qui s'y passe).

Comme toujours en Asie, qui dit temple ou endroit sacré dit statue.

Les points de départ sont systématiquement flanqués de deux gigantesques dragons/tigres/crocodiles/éléphants (biffer la mention inutile) et les marches du Mont Popa ne font pas exception à la règle. Les premières volées sont une sorte de copie birmane des nos Galleries Agora (pardon pour cette référence très bruxelloise mais elle est tellement similaire...) et les hordes de touristes Birmans (nous sommes en pleines vacances scolaires) semblent complètement excitées par le brol proposé par les vendeurs.

On y trouve entre autre: des monts Popa dans une boule de neige mais avec des leds de toutes les couleurs et une épouvantable musique techno, des jumelles en plastique, des singes en plastique eux aussi, des colliers à la pelle, des bracelets à la tonne, des tshirts d'un style très local, des ombrelles made in China (véridique), des chiens en peluche, des chats dorés agitant le bras, des fausses Ray Ban etc etc etc...

Des vendeuses ambulantes proposent également des fleurs et de curieux petits cônes de papier journal.

Nous continuons la montée, croisons un niveau réservé aux vendeuses de nouilles avec des petites tables et des petits tabourets (c'est un peu comme si chez nous, on trouvait des vendeurs de cornets de frites sur les marches de Ste Gudule), et on arrive à la vraie entrée, celle où il faut retirer ses chaussures..."and socks sir, socks off" pour les américains qui en portent toujours.

Maintenant qu'on a l'habitude on ne laisse plus nos claquettes en dépôt afin d'éviter de se faire délester de 1000 kyats, on les garde en main, et on se lance à l'assaut des vraies marches, nettement plus raides pour le coup.

Dès la première volée de marches on rencontre de petits macaques à qui les enfants tendent les petits cônes en papier journal avant de s'enfuir en criant.

A notre grande déception nous ne voyons aucun de ces primates (les macaques, pas les enfants) sortir un briquet pour allumer ce que nous pensions être une sorte de pétards birman...il s'agit en fait de petits réservoirs dans lesquels ils mettent des cacahuètes et que les macaques déballent d'une main, en mangent 2-3 puis balancent le reste avant de chercher une nouvelle occupation.

Les mères sont particulièrement agressives et dès qu'un sac plastique, un paire de chaussures ou même une bouteille d'eau est à portée de patte, elles se lancent à l'assaut du nouveau butin pour l'agripper.

Une pauvre dame qui tenait un sac de fraises de façon un peu trop nonchalante se retrouve dépouillée en un quart de tour et je m'empresse de glisser mon appareil photo dans mon sac pour éviter une mauvaise surprise.

Ce petit cirque se répète jusqu'au sommet, entrecoupé de mendiants, de nettoyeurs de marche demandant une donation, de temples tenus par des gardiens jouant à Angry Birds sur leur smartphone et récoltant également les donations.

A chaque étage le nombre de billets déposés dans les urnes ou accrochés aux statues augmentent proportionnellement leur valeur faciale.

Le sommet du pic offre une vue incroyable sur la vallée qui doit être d'une beauté époustouflante au printemps (note pour plus tard, revenir au printemps). On y fait un petit tour, le temps de lire les plaques commémoratives des généreux donateurs (en dollars), de faire une petite photo, de se faire une frayeur avec une mère macaque soudain hyper agressive, puis on se remet en route pour retrouver le bas monde qui nous attend.

Ce mont Popa donne finalement l'impression de plus être une histoire de donation qu'un véritable lieu de prière.

La chose se confirme lorsqu'on se rend compte, en redescendant, que les Birmans en pèlerinage viennent avec de grosses liasses de petites coupures qu'ils glissent dans les différentes urnes, parfois en murmurant l'une ou l'autre prière.

On fini par se sentir mal à l'aise devant ce spectacle quelque peu incongru et auquel nous ne participons pas, par manque de compréhension et certainement aussi par scepticisme.

TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs
TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs
TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs
NB, cette photo vient d'un autre site, on a pas eu le temps de faire un arret sur le chemin du retour.

NB, cette photo vient d'un autre site, on a pas eu le temps de faire un arret sur le chemin du retour.

TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs

Quelques instants plus tard nous sommes de retour au pied du mont ou nous prenons le temps de manger un curry dans un des bouiboui, notre table jouxtant celle d'un gros moine hillare semblant trouver plus de plaisir dans notre venue dans cet endroit plutôt que dans son repas.

On retrouve notre pick-up qui se remet en route vers 13h avec tous ses occupants mais aussi quelques autres personnes qui voulaient profiter de la navette.

Après 30 minutes absolument inconfortables, entassés avec 14 autres à l'arrière, on finit par demander au chauffeur si on peut monter rejoindre les birmans sur le toit.

La suite du trajet se fait du haut de notre perchoir, ce qui semble beaucoup amuser tous les birmans que nous croisons car à chaque fois qu'on aperçoit les 2 petits blancs sur le toit, de cris et des saluts se font entendre et on passe notre trajet à leur rendre leur bonjours.

Une bonne centaine de mouchettes dans les dents plus tard (traduisez par 15h) le chauffeur, après avoir déposé les reste du groupe à la gare routière, nous dépose devant notre auberge qu'il connaissait et nous les quittons en les remerciant chaleureusement pour cette tranche d'aventure.

TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs
TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs
TDM épisode 7: les 700 marches et les singes voleurs
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